La pollution est associée à 9 millions de décès par année dans le monde, soit 1 sur 6

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Elle tue plus que la malaria, le sida et la tuberculose combinés

Niladri Basu, professeur à l’Université McGill, est l’un des commissaires signataires du rapport de La Commission Lancet sur la pollution et la santé.

Nil Basu a mené des travaux de recherche surtout en Afrique. Outre les interventions et les solutions efficaces, il peut traiter des sujets suivants :

1.     exploitation aurifère artisanale et à petite échelle (environ 100 millions de personnes dans le monde font de l’extraction minière dans des conditions très dangereuses); et

2.     recyclage des déchets électroniques (e-déchets); il travaille encore à Agbogbloshie, au Ghana, plus grande déchetterie électronique du monde.

Conclusions du rapport

  •  Après la pollution de l’air, associée à 6,5 millions de décès en 2015, la pollution de l’eau (1,8 million de décès) et la pollution en milieu de travail (0,8 million de décès) sont les plus meurtrières.
  •  La quasi-totalité des décès liés à la pollution (92 %) surviennent dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Dans les pays qui connaissent une industrialisation rapide (par exemple l’Inde, le Pakistan, la Chine, le Bangladesh, Madagascar et le Kenya), la proportion de décès imputables à la pollution peut atteindre un sur quatre. Partout dans le monde, la pollution touche dans un nombre disproportionné les pauvres et les groupes vulnérables.
  • La plupart de ces décès sont causés par des maladies non transmissibles provoquées par la pollution, telles que les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, le cancer du poumon et la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC).
  • De nombreux polluants chimiques n’ayant pas encore été identifiés, il y a fort à parier que ces chiffres ne rendent pas compte du véritable fardeau que représentent la maladie et les décès liés à la pollution.
  • Les pertes de bien-être attribuables à la pollution sont évaluées à plus de 4 600 milliards de $US par année, soit 6,2 % de la production économique mondiale.

Pourquoi avez-vous accepté le mandat de la Commission Lancet sur la pollution et la santé? 

L’accès à des aliments, à de l’eau et à de l’air salubres est un droit fondamental de l’être humain. Pourtant, lorsque je me déplace pour mes recherches, que ce soit en Afrique, en Asie ou en Arctique, je suis toujours frappé par le paradoxe de la pollution. Nous devons nous serrer les coudes, puiser nos arguments dans le vaste bassin de données probantes et faire entendre notre voix.

Quelles seront les retombées des travaux de la Commission?

Ces travaux provoqueront un éveil de conscience quant aux conséquences de la pollution mondiale et aux solutions qui s’offrent à nous pour renverser la vapeur. L’environnement est à l’origine d’une grande souffrance et de nombreuses maladies dans le monde, mais peu de gens en sont conscients. De même, rares sont ceux qui savent que la pollution est évitable et que les changements sont à notre portée.  

Que pouvons-nous faire pour surmonter les obstacles à la lutte antipollution? Quels changements espérez-vous voir de votre vivant?

En ma qualité de professeur d’université, je crois profondément au pouvoir de l’information, de la responsabilisation et de la communication. Nous devons informer la population, depuis l’école primaire jusqu’aux plus hautes sphères de l’entreprise privée et des administrations publiques. Nous devons donner aux gens les moyens d’agir, tant aux populations exposées à des risques toxiques disproportionnés qu’à l’ensemble de la planète, puisqu’aucun d’entre nous n’échappe à la pollution. Nous devons diffuser nos connaissances scientifiques. Notre savoir, qui embrasse les sciences naturelles, sociales et médicales, est profond et étendu; nous pouvons nous appuyer sur cette assise de données probantes pour passer aux actes. Le rapport de la Commission nous sera d’une grande utilité à tous ces égards.

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