Journée d'étude: «Qu'est-ce qu'une œuvre de jeunesse?»

Évènement

Journée d'étude co-organisée par Jane Everett et Isabelle Daunais

S'il existe, comme l'a proposé Theodor Adorno, et à sa suite Edward Said, un « style tardif » qui caractérise les œuvres créées par les artistes au soir de leur vie, existe-t-il, à l'autre extrémité de la carrière, un style « hâtif » qui serait le propre des œuvres de jeunesse ? Poser cette question, c'est, en tout premier lieu, s’interroger sur la définition même d'une œuvre dite de jeunesse. Si l'expression s'utilise couramment pour désigner les œuvres, publiées ou non, des écrivains du XIXe et du premier XXe siècle lorsqu'elles précèdent celles qu'on attribue à leur « maturité », l'idée qu'il y puisse y avoir des œuvres immatures semble avoir perdu toute validité depuis que la jeunesse est devenue la valeur positive que l'on sait et que l'entrée en littérature se fait directement, sans exigence d'étapes ou d'apprentissage. Pour autant, la chronologie des âges et l'expérience acquise n'en continuent pas moins d'exister, les œuvres d'une carrière de se transformer au fil des ans. D'où la question : peut-on reconnaître, au sein des livres écrits au temps de la jeunesse (époque de la vie par ailleurs à définir), une forme ou des modalités qui soient propres à ce moment de l'existence ? À la « liberté vespérale » que Milan Kundera observe dans les dernières œuvres de Picasso, Beethoven, Fellini, une liberté « matinale » (ou une contrainte matinale) répond-elle en vis-à-vis ? Poser la question de ce qui serait le contraire d'un style tardif, c'est aussi, en second lieu, poser la question de ce qu'on peut gagner – en termes de savoir sur la création – à distinguer les âges de l'écriture et à les  explorer en tant que tels. Que nous dit de notre conception de la création et de notre rapport à la littérature l'idée d'« œuvre de jeunesse » ou, à l'inverse, l'absence ou la disparition de cette idée ?

Pour répondre à ces questions, deux grands axes de réflexion sont proposés. Le premier est d'ordre institutionnel et vise à comprendre les usages et les fonctions d'une catégorisation de la création en fonction des âges de la vie, de même qu'à voir ce que la notion d'œuvre de jeunesse permet d'éclairer (aussi bien que ce qu'elle peut obstruer). On pourra se demander, notamment, à quel moment et pourquoi cette notion apparaît, si sa valeur est éditoriale, biographique, générique, historique ou heuristique. Le second axe est d'ordre formel et invite à la proposition d'études de cas à travers lesquels se définiraient les traits et les caractéristiques d'une œuvre dite « jeune ». De nature essentiellement exploratoire, cette journée d'étude a pour objectif de voir de quelles façons il serait possible d'établir les bases (conceptuelles, théoriques, méthodologiques) pour l'étude de ce qu'on peut aussi appeler les commencements de l'écriture.

Avec la participation de Michel Biron (McGill), Anthony Glinoer (Université de Sherbrooke), Sophie Létourneau (Université Laval), Véronique Samson (Université de Cambridge) et Nathalie Watteyne (Université de Sherbrooke).

Cette journée d'étude s'inscrit dans les travaux de l'équipe de recherche TSAR («Travaux sur les arts du roman») et de la Chaire de recherche du Canada sur l'esthétique et l'art du roman.

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Jane Everett et Isabelle Daunais
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