La santé des femmes avec la Dre Gabrielle Cassir

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Publié: 1mar2019

Originaire de Montréal, la Dre Gabrielle Cassir a effectué ses études de médecine et sa résidence à l’Université de Montréal. Durant sa formation, elle a pu découvrir le système de soins de santé des États-Unis en passant deux mois au Jackson Memorial Hospital à Miami. Après une surspécialité de deux ans en médecine maternelle et fœtale à l’Hôpital Mount Sinai de Toronto, elle est de retour à Montréal où elle pratique depuis peu comme médecin traitant à la division d’obstétrique et de gynécologie au Centre hospitalier de St. Mary et enseigne comme professeure adjointe au Département d’obstétrique et gynécologie de la Faculté de médecine de l’Université McGill. La Dre Cassir, qui accepte de nouvelles patientes, a pris le temps de nous parler de son expérience et d’un domaine qui la passionne, la santé des femmes.

Pourquoi avez-vous choisi de devenir médecin?

À vrai dire, plus jeune je n’ai jamais imaginé devenir médecin. Au cégep, mon intention était de me diriger en journalisme et en communications, et je passais mes étés à travailler pour CTV. Or, j’ai suivi un cours de biologie avec une professeure dont je me souviens distinctement, Mme Fima, et j’ai vite été fascinée par l’univers de la médecine. J’ai commencé des études préparatoires en médecine à l’âge de 19 ans, dès après le cégep. Aujourd’hui encore, le premier accouchement que j’ai effectué durant un stage en obstétrique pendant mes études demeure le moment le plus angoissant et le plus grisant de ma carrière. La vie est souvent imprévue et on ne choisit pas toujours un domaine, c’est parfois l’inverse qui se produit. J’ai commencé comme obstétricienne-gynécologue à St. Mary en janvier 2019 et j’en savoure chaque minute.

Pourquoi avoir décidé de revenir pratiquer à Montréal?

En clair, on n’est jamais aussi bien que chez soi. Je suis née et j’ai été élevée à Montréal et j’ai toujours rêvé de pratiquer dans ma ville natale. J’ai eu la chance d’apprendre de pionniers de notre domaine, dans un établissement de Toronto reconnu mondialement. J’ai aussi eu le plaisir de faire partie des principaux auteurs des Lignes directrices sur l’obésité durant la grossesse de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada. Je suis ravie de pouvoir transmettre cette expérience à mon équipe mcgilloise. Les grossesses à risque élevé constituaient l’axe principal de ma surspécialité, en particulier les maladies maternelles, plus précisément l’obésité, le diabète, l’hypertension et l’hyperparathyroïdie. J’ai récemment eu le plaisir de faire une présentation lors du congrès mondial de la Society for Maternal-Fetal Medicine et je suis impatiente de poursuivre ma recherche sur les troubles endocriniens durant la grossesse. Bien que mon fellowship concerne les grossesses à risque élevé, ma porte est toujours ouverte à toutes les femmes enceintes.

Qu’est-ce qui a suscité votre intérêt pour l’éducation des femmes?

Au cours de ma formation, je me suis imprégnée des multiples aspects de l’univers de l’obstétrique-gynécologie et, ce faisant, j’ai découvert ma passion pour l’éducation des femmes. C’est un axe important de ma carrière jusqu’à maintenant, comme en témoigne mon rôle en relations avec les médias à l’Hôpital Mount Sinai de Toronto et les divers ateliers sur les femmes que j’ai animés par le truchement de Soho House Toronto.

Qu’est-ce qui a changé en santé des femmes au fil des ans? Et, en tant que jeune médecin du domaine d’obstétrique-gynécologie, quelle en sera selon vous l’évolution?

Dans un monde où l’emprise de l’idéalisme de la pop culture et la fascination des réseaux sociaux font partie intégrante de la société, j’ai pris conscience de la possibilité unique de faire mieux comprendre les problèmes, les complications et les questions auxquels les femmes font face tous les jours à propos de leur corps. Des jeunes filles me consultent pour accoucher à la « manière Kardashian » ou se renseigner sur le dépistage génétique des mutations BRCA à cause d’Angelina Jolie. Les réseaux sociaux constituent une toute nouvelle plateforme pour l’éducation et la sensibilisation des femmes.

Quels sont les plus grands sujets de préoccupation liés à la santé des femmes en ce moment? Quelles sont les questions qui passent inaperçues malgré leur importance?

  • La grossesse et l’obésité maternelle

L’obésité est le problème de santé le plus fréquent chez les femmes en âge de procréer. Face à la progression alarmante de l’obésité à l’échelle mondiale, les professionnels de la santé devront de plus en plus fournir des soins aux femmes qui envisagent ou vivent une grossesse. Le poids maternel durant la grossesse a des répercussions considérables sur la santé de la mère et de l’enfant et les conversations visant à optimiser les résultats pour l’une et l’autre doivent commencer avant la conception.

  • Un âge maternel avancé

Avec les progrès des techniques de fécondation assistée et la croissance du nombre de femmes sur le marché du travail, on constate beaucoup de maternités tardives. Il s’agit d’une réalité pour nombre de femmes et d’une grande préoccupation pour les futures mères. Il importe au plus haut point de discuter du suivi obstétrical particulier que cela suppose et des précautions à prendre.

  • À quoi s’attendre pendant la grossesse

La plupart des couples arrivent à leur première consultation avec une liste de questions et de préoccupations, sans avoir la moindre idée de ce à quoi ils peuvent s’attendre. Quelles sont les transformations corporelles normales auxquelles la femme peut s’attendre? Combien de kilos devrait-elle prendre? À partir de quand le sexe du bébé peut-il être déterminé? Comment fonctionne le dépistage de la trisomie 21? Quelle est la fréquence des consultations obstétricales?

  • Le diabète durant la grossesse : pourquoi le dépister?

Le diabète gestationnel, une des complications obstétricales les plus fréquentes, est un terme que redoutent la plupart des mères. Elles n’aiment pas le test, elles appréhendent les résultats et la plupart ne comprennent pas vraiment ce qui motive son dépistage. Un diagnostic positif exige un changement dans la routine quotidienne et une surveillance obstétricale accrue. Par ailleurs, les couples sont impatients d’apprendre les risques maternels/fœtaux associés, ainsi que le risque à long terme de souffrir de diabète de type 2 ou de la récurrence du diabète gestationnel lors d’une future grossesse.

  • Comprendre le test Pap, le VPH et le vaccin Gardasil

Le VPH est l’une des MTS les plus fréquentes. Pourtant, la transmission du virus, les lésions qu’il peut causer et le vaccin existant pour en prévenir l’acquisition sont souvent méconnus. Les femmes doivent savoir à quelle fréquence les tests Pap doivent être effectués et ce que nous cherchons précisément à dépister.

Aimeriez-vous ajouter quelque chose?

J’aime mon travail et j’estime sincèrement que me spécialiser en obstétrique-gynécologie est non seulement un honneur, mais un privilège.