Déconstruire le glioblastome pour révéler son mécanisme de développement

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Publié: 8juil2020

Une étude met en évidence des cellules cancéreuses à division rapide qui réagissent aux nouveaux traitements

On a longtemps pensé que les cancers du cerveau résistaient aux traitements parce que chaque tumeur était formée de différents types de cellules. Or, une nouvelle étude a mis en évidence une hiérarchie cellulaire issue d’un seul type de cellule cancéreuse, qu’on pourrait cibler pour en ralentir la progression.

Ces travaux ont été dirigés par le Dr Kevin Petrecca, neurochirurgien et chercheur dans le domaine du cancer du cerveau au Neuro (Institut et hôpital neurologiques de Montréal), qui fait partie du Centre universitaire de santé McGill.

Plus ambitieux projet de séquençage des ARN de cellules cancéreuses jamais réalisé, l’étude a analysé 55 000 cellules de glioblastomes et 20 000 cellules cérébrales saines. L’équipe a découvert que chaque tumeur contenait cinq types de cellules, qui sont semblables à ceux qu’on retrouve dans le cerveau humain sain.

Pour la première fois, les chercheurs ont détecté ce qu’ils appellent une cellule souche de glioblastome (CSG) progénitrice, soit le type de cellule à l’origine de toutes les cellules cancéreuses, et ont établi une hiérarchie cellulaire dont elle est la source.

L’équipe a découvert que les CSG progénitrices proliféraient beaucoup plus rapidement que les cellules cancéreuses matures et qu’elles formaient la grande majorité des cellules en division de la tumeur, bien qu’elles constituent une relativement petite fraction de sa masse totale. Comme ces cellules à division rapide sont les premières à être détectées, elles sont une cible de traitement prometteuse.

Après avoir mis en évidence des vulnérabilités moléculaires des CSG progénitrices, les chercheurs les ont ciblées. Résultat : les taux de survie et de prolifération des cellules ont diminué. Dans des modèles précliniques de maladie, ce traitement a freiné la croissance des tumeurs et fait augmenter le taux de survie.

« Nos travaux aident à mieux caractériser l’hétérogénéité complexe des glioblastomes; elle propose un nouveau cadre qui invite à reconsidérer leur nature, explique le Dr Petrecca. Ils montrent également que, contrairement à ce qu’on a cru pendant des décennies, les cellules souches de glioblastome sont celles qui se divisent le plus rapidement dans la tumeur, et nous avons trouvé de nouvelles façons de les cibler. Il reste toutefois encore beaucoup de travail à faire. Par exemple, on ne comprend pas encore très bien comment ces cellules interagissent avec le microenvironnement du cancer, mais notre étude constitue un bon point de départ pour comprendre les origines du glioblastome et son évolution avant les traitements. »

Cette étude, publiée le 8 juillet dans la revue Nature Communications, a été rendue possible grâce à Une brillante soirée (le gala-bénéfice annuel du Neuro), à l’Institut de recherche de la Société canadienne du cancer, aux Instituts de recherche en santé du Canada, à la Fondation canadienne des tumeurs cérébrales, au Fonds de recherche du Québec – Santé, à Brains Matter, à la famille Argento et à la Fondation familiale Trottier.

Le Neuro

L’institut et hôpital neurologiques de Montréal – le Neuro – est un chef de file mondial dans les domaines de la recherche sur le cerveau et des soins avancés. Depuis sa création en 1934 par le Dr Wilder Penfield, une sommité en neurochirurgie, il est devenu le plus grand établissement de recherche et de soins cliniques au Canada, et l’un des plus grands sur la scène internationale. Conjuguant recherche, soins aux patients et formation des grands esprits de demain, le Neuro est particulièrement bien placé pour améliorer la connaissance et le traitement des affections du système nerveux. En 2016, il est devenu le premier établissement au monde à adopter sans réserve le concept de science ouverte en créant l’Institut de science ouverte Tanenbaum. Établissement de recherche et d’enseignement de l’Université McGill, l’Institut neurologique de Montréal s’inscrit dans la mission neuroscientifique du Centre universitaire de santé McGill.

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