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La compétition et la prédation, des moteurs d’adaptation? Pas forcément, avancent des scientifiques

Les forces de l’évolution mises en lumière dans une étude sur l’adaptation au milieu
Photo credit: Anna Hargreaves
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Photo credit: Rob Smith of Wild About Colombia
Publié: 25 February 2020

Les espèces s’adaptent au climat dans lequel elles vivent. Mais dans quelle mesure s’adaptent-elles à leur milieu? Désireux d’élucider ce mystère, des chercheurs de l’Université McGill et de l’Université de la Colombie-Britannique ont scruté au-delà de 125 études sur l’adaptation au milieu chez plus de 100 espèces végétales et animales; ils ont publié le fruit de leur travail dans The American Naturalist.

« Il y a adaptation au milieu lorsqu’une population évolue pour mieux s’harmoniser à son cadre de vie. Nous savons d’ores et déjà que les pressions environnementales – par exemple la température et la sécheresse – sont des moteurs d’adaptation, mais l’incidence des pressions de cohabitation – par exemple la compétition ou les relations prédateurs-proies – est moins claire », explique Anna Hargreaves, professeure adjointe au Département de biologie de l’Université McGill.

En comparant des transplantations effectuées dans des cadres relativement naturels à d’autres, réalisées dans des cadres où les agents stressants (mauvaises herbes, prédation, etc.) étaient moins nombreux, les chercheurs ont évalué la fréquence à laquelle les interactions entre espèces favorisaient l’adaptation au milieu.

Ils ont constaté, non sans étonnement, que même si elles influaient fortement sur la croissance, la survie ou la reproduction des espèces, les interactions n’étaient pas forcément un moteur d’adaptation. « Nous nous attendions à ce que l’adaptation au milieu soit plus forte là où les interactions stressantes habituelles s’exerçaient librement. Or, nous avons constaté qu’elle n’était ni plus forte ni fréquente dans ce contexte, sauf peut-être dans les tropiques », souligne la Pre Hargreaves.

Fort intrigués par cette observation, les chercheurs voient là une indication que l’effet des interactions sur l’évolution pourrait être plus marqué dans les tropiques. D’ailleurs, selon une hypothèse envisagée depuis longtemps par les biologistes évolutionnistes – et alimentée par l’extraordinaire diversité des espèces tropicales – les interactions entre espèces favoriseraient plus souvent l’évolution dans les tropiques. À ce jour, toutefois, peu de données viennent étayer cette théorie. Il faudra étudier les moteurs d’adaptation au milieu de façon plus directe, notamment chez les espèces tropicales, pour bien comprendre l’incidence des interactions entre espèces sur cette adaptation, concluent les auteurs.

L’Université McGill

Fondée en 1821, à Montréal, au Québec, l’Université McGill figure au premier rang des universités canadiennes offrant des programmes de médecine et de doctorat et se classe parmi les meilleures universités au Canada et dans le monde. Institution d’enseignement supérieur de renommée mondiale, l’Université McGill exerce ses activités de recherche dans deux campus, 11 facultés et 13 écoles professionnelles; elle compte 300 programmes d’études et au‑delà de 40 000 étudiants, dont plus de 10 200 aux cycles supérieurs. Elle accueille des étudiants originaires de plus de 150 pays, ses 12 800 étudiants internationaux représentant 31 % de sa population étudiante. Au‑delà de la moitié des étudiants de l’Université McGill ont une langue maternelle autre que l’anglais, et environ 19 % sont francophones.

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