Événements marquants 2014

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Voici une liste d’événements importants de 2014 sélectionnés par les Relations Médias de l’Université McGill. Chaque événement contient un commentaire d’un expert sur le sujet.

 

L’épidémie du virus Ebola

« Le monde ne peut fermer les yeux sur la situation en Afrique de l’Ouest, où l’épidémie de maladie à virus Ebola continue de s’étendre et pourrait toucher d’autres populations sur la planète. L’industrie touristique tourne déjà au ralenti en Afrique du Sud, pays situé à des milliers de kilomètres de l’Afrique de l’Ouest, et si l’épidémie devait gagner l’Amérique du Nord ou l’Europe, les répercussions économiques et sociales seraient désastreuses (p. ex., les gens cesseraient d’envoyer leurs enfants à l’école et resteraient à la maison pour en prendre soin). L’Organisation mondiale de la Santé estime que 1,4 million de personnes seront infectées par la maladie d’ici janvier et que le taux de mortalité par cette souche du virus Ebola atteindra 71 %. La flambée de la maladie à virus Ebola étant d’origine animale, comme le SRAS et le sida, il devient primordial d’étudier les interactions entre les animaux et les humains afin de mieux comprendre comment éviter une autre épidémie. »

Colin Chapman, Département d’anthropologie et École d’environnement

colin.chapman [at] mcgill.ca (Email)

L’Ukraine et l’annexion de la Crimée

« L’année 2014 a été dramatique pour l’Ukraine. En janvier et février, le mouvement de protestation pacifique pro-européen a pris de l’ampleur. Le président Yanukovych a promulgué des lois antimanifestation draconiennes et pris des mesures sévères. Il a malgré cela perdu le contrôle et été forcé de quitter le pays. En moins d’un mois, la Russie est intervenue en Crimée, région autonome traditionnellement pro-russe, a organisé rapidement un référendum et annexé le territoire. En avril, des agents gouvernementaux et des bénévoles russes ont présenté des griefs contre le nouveau gouvernement à Kiev et lancé une insurrection armée, que le nouveau président ukrainien Petro Porochenko a tenté de réprimer militairement. Le conflit en Ukraine de l’Est a coûté la vie à plus de 4 000 civils et entraîné le déplacement de près de 500 000 personnes. L’Ukraine a connu une catastrophe humanitaire, un démembrement de l’État, ainsi qu’un ralentissement économique. En revanche, la société civile ukrainienne s’est renforcée et le nouveau parlement est moins fractionné qu’autrefois, dominé par une solide coalition pro-européenne dans une proportion de 75 %. Les conséquences géopolitiques de la crise ukrainienne sont également très profondes. L’agression en Ukraine est venue envenimer les relations de la Russie avec l’Europe et l’Amérique du Nord, et a donné lieu à des séries de sanctions mutuelles. La popularité de Vladimir Poutine est montée en flèche après l’annexion de la Crimée, et il reste à voir si les répercussions économiques des sanctions y porteront atteinte. »

Maria Popova, Département de sciences politiques

maria.popova [at] mcgill.ca (Email )

L’État islamique

« La montée de l’État islamique autoproclamé s’est traduite par la conquête de vastes territoires en Syrie et en Irak, des atrocités faisant un grand nombre de victimes, et des actions militaires déclenchées par une coalition internationale (comprenant le Canada) dirigée par les États-Unis et visant à affaiblir et, ultimement, à détruire ce groupe extrémiste. Toutefois, l’État islamique ne semble pas près de disparaître, et fera plutôt sentir son influence sur le Moyen-Orient et les mouvements jihadistes mondiaux pendant encore un certain temps. Entre-temps, la guerre civile fait rage en Syrie. Elle a coûté la vie à plus de 200 000 personnes et fait plus de 3 millions de réfugiés depuis 2011. »

Rex Brynen, Département de sciences politiques

rex.brynen [at] mcgill.ca (Email)

Le ralentissement économique en Chine

« Le vendredi 21 novembre 2014, et ce, pour la première fois depuis juillet 2012, la Chine a abaissé de 6 à 5,4 % son taux de prêt à un an, et son taux d’intérêt créditeur à un an de 3 à 2,75 %. Ces mesures faisaient suite à la publication de données inquiétantes indiquant un ralentissement du taux de croissance du pays, situation ayant des répercussions financières et sociales sur le reste du monde. Au cours des dernières années, une très grande partie de la consommation mondiale d’énergie et de métaux de base était attribuable à la Chine. Non seulement les ventes de voitures sont plus élevées en Chine qu’aux États-Unis ou tout autre pays, mais cette dernière achète actuellement environ la moitié de la production mondiale de cuivre. On m’a déjà expliqué que, sur le plan social, on peut comparer la Chine à l’autobus dans le film Speed. En effet, maintenant qu’elle a atteint un certain taux de croissance attribuable à la migration irréversible des agriculteurs des régions rurales vers les villes et leurs usines, la Chine ne peut mettre un frein à son essor sous peine d’exploser. »

Ken Lester, Faculté de gestion Desautels

klester [at] lesterasset.com (Email )

La Coupe du Monde 2014 au Brésil

« La Coupe du Monde 2014 au Brésil a permis de mettre en lumière la non-pertinence sur le plan politique des événements sportifs mondiaux dont les coûts sont exorbitants. Si les perturbations redoutées en raison des manifestations et d’une préparation insuffisante ont été peu nombreuses, la défaite embarrassante du Brésil, le ralentissement économique et les préoccupations relatives à la corruption politique et aux coûts élevés de l’événement quelques mois seulement avant les élections nationales auraient pu laisser croire que les jours du Parti des travailleurs étaient comptés. Il a néanmoins été réélu, bien qu’avec une faible majorité. Ironiquement, une situation semblable s’était produite lors de la Coupe du Monde 2010, en Afrique du Sud. En faisant preuve de cynisme, on pourrait croire que la FIFA comprend trop bien ce genre de situation, d’où l’absence de préoccupations pour les controverses entourant la tenue de la Coupe du Monde au Qatar. »

Philip Oxhorn, Département de sciences politiques

philip.oxhorn [at] mcgill.ca (Email )

Le vol 370 de la Malaysia Airlines

« La disparition du vol 370 de la Malaysia Airlines pourrait bien devenir le plus grand mystère de l’histoire de l’aviation. Partout sur la Terre, les gens ont suivi avec incrédulité pendant des semaines et des mois les efforts les plus coûteux jamais déployés pour retrouver un avion. Cette catastrophe a soulevé des questions sur la surveillance des avions en vol, ainsi que sur l’inaptitude du gouvernement malaisien à gérer cette crise. Il reste à espérer que cette tragédie permettra d’apporter des améliorations à la façon dont les avions sont surveillés et communiquent leur position. »

Karl Moore, Faculté de gestion Desautels

karl.moore [at] mcgill.ca (Email)

La mission Rosetta – Atterrissage d’une sonde sur une comète

« Après dix années de voyage dans l’espace immense et froid de notre système solaire, la sonde Rosetta de l’Agence spatiale européenne a rejoint la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko le 6 août 2014. Après avoir orbité autour de cette dernière pendant plusieurs mois, Rosetta a envoyé le 12 novembre 2014, un petit module atterrisseur de la taille d’une machine à laver, Philae, se poser sur la comète afin d’analyser la composition de sa surface et de sa subsurface. En dépit d’un atterrissage difficile, le succès de la mission de Philae représente une véritable prouesse technique, aucun engin ne s’étant encore posé sur une comète située à un demi-milliard de kilomètres de la Terre. Puisque les comètes sont demeurées inaltérées depuis la formation de notre système solaire, l’analyse des données recueillies par Philae et Rosetta nous aidera à répondre à la question fondamentale sur l’origine de la vie sur Terre. »

Sébastien Guillot, chercheur postdoctoral, Département de physique

sebastien.guillot [at] mcgill.ca (Email )

Le procès de Luka Rocco Magnotta

« Le procès de Luka Rocco Magnotta mérite que l’on s’y attarde pour de nombreuses raisons. L’une d’entre elles consiste à savoir si les membres du jury risquent de présenter des symptômes de stress post-traumatique après avoir été exposés à la preuve. Il n’existe que très peu de services de santé mentale offerts aux personnes appelées à remplir les fonctions de juré. »

Alain Brunet, Institut universitaire en santé mentale Douglas et Département de psychiatrie de l’Université McGill

alain.brunet [at] mcgill.ca (Email)

La guerre de Gaza

« La récente guerre de Gaza, la poursuite de l’occupation et des activités de peuplement israéliennes, ainsi que l’escalade de la violence à Jérusalem ont mis en lumière les conséquences du conflit israélo-palestinien, toujours non résolu. En avril 2014, les pourparlers tenus avec la médiation de la diplomatie américaine se sont soldés par un échec, et les perspectives de reprise des négociations dans un proche avenir semblent très limitées. Toutefois, en l’absence d’intervention, ce conflit pourrait devenir encore plus difficile à résoudre. »

Rex Brynen, Département de sciences politiques

rex.brynen [at] mcgill.ca (Email)

Les élections provinciales de 2014 au Québec

« Les élections d’avril 2014 au Québec ont apporté à la fois stabilité, avec le retour d’un gouvernement libéral majoritaire, et changement, avec la défaite cuisante du Parti Québécois qui pourrait transformer fondamentalement le régime des partis. Pauline Marois, première femme à assumer les fonctions de première ministre du Québec, a perdu à la fois son siège de députée et son poste après seulement 18 mois au pouvoir, les électeurs ayant rejeté à la fois la politique identitaire de la controversée Charte des valeurs et l’appel à la souveraineté de son candidat vedette, Pierre-Karl Péladeau. Philippe Couillard, ancien ministre libéral de la Santé, a signé le retour en force du Parti libéral du Québec, en dépit de la Commission d’enquête Charbonneau sur la corruption politique. Le Parti libéral du Québec a recueilli 41,5 % des votes pour former un gouvernement majoritaire avec 70 sièges, tandis que le Parti Québécois a atteint un creux historique avec 25,4 % des votes (la plus faible part des votes depuis qu’il a présenté des candidats pour la première fois, en 1970) pour former la faible opposition officielle, ayant obtenu 30 sièges. Le troisième parti, Coalition Avenir Québec, a recueilli 23 % des votes et 20 sièges, tandis que Québec solidaire a obtenu trois sièges et 7,6 % des votes. »

Antonia Maioni, Département de sciences politiques

antonia.maioni [at] mcgill.ca (Email)

Le référendum écossais

« Le référendum écossais de 2014 a été l’un des événements marquants de l’année, mais pas pour les raisons habituellement invoquées. Le référendum n’a pas permis de trancher définitivement la question de la séparation. En effet, les promesses des trois principaux chefs des partis de Westminster n’ont pas été remplies, ce qui est déjà une source de ressentiment en Écosse. La question n’est pas résolue, car l’État britannique est généralement incapable de se réformer. »

John Hall, Département de sociologie

john.anthony.hall [at] mcgill.ca (Email )

La fusion entre Burger King et Tim Hortons

« Certains aspects de la « fusion » entre Burger King et Tim Hortons sont intéressants. À première vue, il s’agit de deux entreprises de services alimentaires de même taille qui se regroupent afin de profiter d’économies d’échelle et, ultimement, de réduire leurs coûts. Une telle fusion permet également aux deux sociétés de diversifier leur offre et, par conséquent, de rehausser leur profil de revenus. Or, cette transaction a davantage à voir avec le fisc américain et l’inversion fiscale, une stratégie de plus en plus populaire par laquelle les entreprises américaines achètent une société étrangère, installent leur siège social dans le pays d’accueil, et profitent ainsi d’un taux d’imposition plus bas. »

Ken Lester, Faculté de gestion Desautels

klester [at] lesterasset.com (Email)

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