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Un nouveau sondage sur l’anglais canadien révèle les changements survenus dans les 50 dernières années

Une équipe de l’Université McGill constate que les différences régionales se sont estompées et que l’influence de l’anglais américain s’est accentuée dans la prononciation et l’usage, sans toutefois s’étendre à l’orthographe
An English dictionary is open, with a magnifying glass in the middle
Image par Getty images.
Publié: 27 October 2026

Au cours des 50 dernières années, l’anglais canadien s’est uniformisé d’une région à l’autre et a adopté bon nombre de termes et de prononciations de l’anglais américain, tandis que les graphies canadiennes ont gagné en popularité.

Ce sont là les principales conclusions d’une étude à grande échelle menée par une équipe de recherche de McGill qui a entrepris d’actualiser un sondage sur l’anglais canadien datant de 1972.

Claire Henderson, qui étudiait à la maîtrise à McGill au moment de la collecte des nouvelles données et qui a participé à titre de cochercheuse au nouveau sondage sur l’anglais canadien, explique que son équipe souhaitait mesurer l’influence de l’anglais américain sur la langue parlée au Canada. Le projet était dirigé par Charles Boberg, professeur de linguistique à l’Université McGill.

Des résultats contrastés

Les résultats révèlent que, sous certains aspects, l’anglais canadien s’est rapproché de l’anglais américain, tandis que, sous d’autres, les différences se sont accentuées.

« Certaines graphies américaines sont devenues beaucoup plus courantes que leurs équivalentes britanniques ou canadiennes. C’est le cas de napkin, qui a gagné du terrain sur serviette, ou encore de lever, qui rime maintenant plus souvent avec never qu’avec beaver, indique Claire Henderson. En revanche, l’orthographe s’est rapprochée des usages britanniques et canadiens, particulièrement pour des mots comme colour et centre. »

L’étude montre également que les différences régionales s’estompent.

En 2023-2024, le questionnaire a été diffusé à grande échelle partout au Canada, par divers canaux : groupes communautaires et de défense du patrimoine, bibliothèques, musées, résidences pour personnes âgées, départements de linguistique et d’anglais d’autres universités, médias sociaux et traditionnels, notamment CBC et des médias locaux.

L’équipe de recherche a reçu environ 14 000 réponses. Cet échantillon très important lui a permis de comparer les régions et les groupes d’âge, ainsi que d’établir des comparaisons directes avec le sondage original de 1972, dont le nombre de répondants était similaire.

Le questionnaire comptait 85 questions sur le vocabulaire, l’orthographe, la prononciation et la grammaire. Il reprenait en grande partie le sondage original, mais comportait aussi de nombreuses questions adaptées aux réalités actuelles. Il portait par exemple sur des mots dont l’usage varie d’une région du Canada à l’autre, comme cottage, cabin et camp.

« Les Canadiens ont généralement l’impression que leur anglais diffère de l’anglais des États-Unis et de celui du Royaume-Uni, et qu’il existe même des différences entre certaines régions du Canada. Souvent, le vocabulaire, la prononciation et l’orthographe permettent de déterminer l’origine des personnes anglophones canadiennes. Les résultats du sondage permettent à tout le monde de constater les caractéristiques américaines, britanniques et proprement canadiennes de notre langue et de réfléchir aux changements qui se produisent autour de nous », indique Claire Henderson.

L’étude actuelle portait principalement sur la comparaison avec le sondage de 1972, mais d’autres articles porteront sur les différences entre les régions et les groupes d’âge, ainsi que sur les changements qui peuvent survenir dans la façon de parler des Canadiens qui déménagent d’une région du Canada à une autre.

Il est toujours possible de répondre au questionnaire.

L’étude

L’article « A New Survey of Canadian English: Fifty Years of Language Change », par Charles Boberg, Claire Henderson et Jackson Mundie, a été publié dans la Revue canadienne de linguistique.

Cette recherche a été financée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH).

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