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Une étude établit un lien entre l’autocompassion et le bien-être

« Il ne s’agit ni d’égoïsme ni de complaisance envers soi-même, mais d’un fondement essentiel pour prendre soin des autres de façon durable », explique un chercheur
a woman peacefully sitting in a park, eyes closed with hands on chest
Publié: 9 September 2026

Selon une nouvelle étude, le bien-être des personnes qui ont de la compassion pour les autres sans en avoir pour eux-mêmes serait moindre – une dynamique qui pourrait également être difficile à maintenir à long terme.

« Bien des gens, notamment les proches aidants, le personnel enseignant, les professionnels de la santé, les parents et les personnes militantes, peuvent être très attentionnés envers les autres tout en se montrant durs envers eux-mêmes ou en négligeant leurs propres besoins. Nos résultats semblent indiquer que ce déséquilibre serait associé à une moins bonne santé mentale », explique Bassam Khoury, professeur agrégé au Département de psychopédagogie et de psychologie du counseling de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université McGill et auteur principal de l’étude.

« L’autocompassion peut aider une personne à composer avec les émotions difficiles, à porter un regard moins critique sur elle-même et à favoriser un sentiment de sécurité intérieure. En ce sens, l’autocompassion n’est ni égoïste ni complaisante; elle nous permet au contraire de prendre soin des autres à long terme et d’étendre notre compassion à tous les êtres sensibles », ajoute-t-il.

Le rôle clé de l’autocompassion

En collaboration avec le professeur Rodrigo Vergara, de l’Universidad Metropolitana de Ciencias de la Educación et du Centro Nacional de Inteligencia Artificial, à Santiago, au Chili, le professeur Khoury a sondé plus de 1 200 Canadiens et Canadiennes sur différents aspects de la compassion, de la santé mentale et du bien-être.

Les chercheurs ont tenté de déterminer si les personnes interrogées faisaient preuve de compassion envers les autres, les animaux et elles-mêmes. Ils se sont également intéressés aux pensées et aux gestes empreints de compassion.

Ils ont ainsi établi six « profils de compassion », qu’ils ont mis en relation avec différentes caractéristiques psychologiques, comme le stress, l’anxiété, la dépression, la régulation des émotions et le bien-être.

Les personnes qui faisaient preuve de compassion à tous les égards – envers les autres, les animaux et elles-mêmes – présentaient le meilleur fonctionnement psychologique et les degrés de bien-être les plus élevés, affirme le professeur Khoury, qui dirige également le Laboratoire de recherche sur la pleine conscience de l’Université McGill.

Un nouvel éclairage sur la compassion et le bien-être

Les chercheurs ont également effectué un suivi auprès d’environ 200 personnes trois mois après le sondage initial afin de déterminer si les profils de compassion demeuraient relativement stables au fil du temps.

Ils ont constaté que c’était généralement le cas, les personnes interrogées ne signalant que de légères variations dans leurs comportements empreints de compassion.

« Les gestes de compassion exigent du temps, de l’énergie et des occasions propices. Leur nombre est donc susceptible de varier davantage que celui des pensées ou des sentiments empreints de compassion », explique le professeur Khoury.

Par ailleurs, le professeur souhaite poursuivre l’étude de ces profils sur de plus longues périodes et auprès de populations plus diversifiées, l’échantillon actuel étant constitué en majorité de femmes et de personnes anglophones.

Le professeur et son équipe travaillent également à un programme d’intervention appelé Embodied and Embedded Mindfulness and Compassion, qui vise l’atténuation de la souffrance et l’amélioration du bien-être par l’acquisition de compétences de pleine conscience et une conception élargie de la compassion, notamment envers soi-même, la nature et le monde vivant dans son ensemble.

L’étude

L’article « Latent profiles of compassion for self, other humans, and animals: A two time point study », par Bassam Khoury et Rodrigo C. Vergara, a été publié dans Personality and Individual Differences.

Cette étude a été financée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et le Programme de bourses William-Dawson.

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