Projets

Travaux sur les arts du roman

Projet général

Nos recherches ont pour objet le vaste ensemble des réflexions que les romanciers ont produites sur le roman du XVIIIe siècle – soit la période où le roman commence à donner lieu à une réflexion critique soutenue de la part de ses praticiens – jusqu'à nos jours. La double hypothèse qui sous-tend ce projet est (a) que le roman n'est pas seulement une forme de récit ou de fiction parmi d'autres, mais également un mode majeur de connaissance et d'exploration du monde et (b) que l'étude intégrée des réflexions d'ordres critique, théorique, pratique et éthique des romanciers sur le roman constitue un moyen privilégié de comprendre le développement et le rayonnement de l’art romanesque. Dans son volet francophone, ce projet s'accompagne d'une bibliographie en ligne des commentaires et réflexions que les romanciers du XXe siècle ont consacrés à la définition du roman. La bibliographie présente, pour chaque auteur, un choix de citations et un dossier de synthèse. Le site possède un moteur de recherche qui permet de faire des enquêtes par termes dans l'ensemble de la base de données. Voir l'onglet Bibliographie.

 

Projets 2018 - 2022

Premier axe : étude de la façon dont les romanciers pensent le roman en termes de forme héritée.

Cet axe vise à comprendre de quelle façon le roman et les romanciers proposent, parallèlement à l’institution critique, et parfois en opposition à cette institution, une histoire de sa transmission et de ses filiations. Un premier projet porte sur l'histoire du roman proposée par les romanciers comme étant celle d’« résistance » plutôt que d’une « conquête » (I. Daunais). Un deuxième projet a pour objet le fait paradoxal que le roman, depuis les années 1980, cite et commente abondamment les œuvres antérieures, de toutes origines et époques alors pourtant qu'on assiste au même moment à un effritement institutionnel de l'Histoire. L'hypothèse explorée ici est que, en réponse à ce retrait « extérieur » (enseignement, critique) de l'histoire, les œuvres du XXIe siècle prennent le relais, dans leur corps même, de la pensée sur l'héritage (K. Gosselin).

Deuxième axe : étude de la façon dont les romanciers, dès le XVIIIe siècle, pensent le roman dans une dynamique soutenue d'influences, de comparaisons et d'échanges interculturels.

Il s'agit de voir, par cet axe de recherche, comment le roman constitue une forme « voyageuse », qui accueille les influences et les traductions, recherche les communautés élargies de lecteurs et prospère dans les comparaisons et les rapprochements faits entre des œuvres venues d'horizons différents. L’étude cible plus spécifiquement les échanges entretenus par la romancière britannique Frances Burney d'Arblay avec ses vis-à-vis français (P. Sabor), le rôle joué par la correspondance dans la constitution, la discussion et la diffusion, chez un certain nombre de romanciers québécois et français, d'une pensée sur le roman (M. Biron) et l'étude de la figure du « romancier passeur » dans la première moitié du XXe siècle (C. Benaglia, collaboratrice).

Troisième axe : étude de la façon dont le roman favorise, par ses thèmes et ses objets, une transmission transnationale de sa forme, que ce soit par ses personnages ou par ses thèmes.

Cet axe réunit trois projets. Le premier porte sur les débats liés à l'idée de citoyenneté dans le roman anglais du début des années 1940 jusqu'au début des années 1970 – en s'intéressant plus spécifiquement aux représentations de personnages en situation de transit (migrants, réfugiés, exilés) – et sur la façon dont la forme romanesque est vue comme apte à l'exploration de l'idée de frontière et de déplacement (A. Hepburn). Le deuxième projet porte sur la représentation de la filiation dans le roman russe et anglais au XIXe siècle et il vise à comprendre comment ces deux traditions romanesques associent de cette façon la forme romanesque à l'idée de la transmission (A. Berman). Le troisième projet, sur le souvenir romanesque, vise à comprendre par quelles voies les œuvres s'inscrivent dans la mémoire des lecteurs (I. Daunais).