Cynthia Solek

« À mes yeux, la façon dont une cellule individuelle peut évoluer en un organisme entier, qu’il s’agisse d’une personne ou d’un chat, et tous les processus associés à cette évolution, est l’une des questions les plus fascinantes en science », confie Cynthia Solek, Ph.D., associée de recherche au Neuro. Cette passion pour la biologie du développement est à la source de son travail. Elle s’intéresse au stade précoce du développement du système nerveux au laboratoire du Pr Edward Ruthazer. Ses travaux ont d’importantes implications pour le trouble du spectre de l’autisme et la schizophrénie. Cynthia Solek a reçu la bourse Molson de recherche postdoctorale en neuroingénierie en 2017.

 

Quelles sont les implications de vos travaux pour l’autisme et la schizophrénie?

J’étudie le stade précoce du développement des neurones. La recherche épidémiologique a montré qu’une suractivation du système immunitaire, comme en présence d’une infection grave, vers la fin de la grossesse d’une mère accroît le risque que le bébé souffre du trouble du spectre de l’autisme ou de schizophrénie.

Nos travaux cherchent donc à déterminer comment l’activation du système immunitaire dans l’embryon cause des anomalies dans le développement des neurones.

Je me sers de minuscules poissons zèbres parce qu’ils sont transparents quand ils sont jeunes, ce qui permet de voir dans leur cerveau. Au moyen de techniques visant à exprimer des protéines fluorescentes dans les neurones en développement, nous pouvons en faire le suivi au fil des jours, au microscope à balayage laser, afin d’observer les changements dans leur croissance.

 

Avez-vous toujours su que vous vouliez être une scientifique?

Au secondaire, je rêvais d’être médecin. Mes parents ont fait des sacrifices pour que je puisse fréquenter une école privée, et je projetais d’obtenir des notes parfaites et d’entrer en médecine. J’ai soumis mon dossier à des facultés de médecine de langue française de la province, mais je n’ai été acceptée dans aucun de ces programmes. Cela a été une période très difficile pour moi. Je me sentais vraiment comme une nullité. Je me suis alors tournée vers ma deuxième option, un diplôme en biochimie à McGill.

À ma première semaine en biochimie, assise avec mon ordi portatif et prête à apprendre, j’écoutais le professeur du cours Biologie 101 parler d’anatomie – et je constate que j’ignore la signification du mot liver! Je viens d’une famille francophone et je n’avais pas beaucoup de vocabulaire anglais. Je me suis sentie complètement dépassée durant cette première heure de cours.

 

Comment avez-vous traversé cette période difficile?

J’enregistrais mes cours, je les réécoutais et je cherchais tous les mots que j’ignorais, avant de retranscrire mes notes avec le bon vocabulaire. J’ai travaillé d’arrache-pied, de longues heures. C’était épuisant, mais c’est devenu de plus en plus facile. Quand j’ai suivi le cours de biologie du développement du Pr Paul Lasko, il m’a semblé que je venais de trouver un champ pour lequel je pourrais me passionner. C’est vraiment à ce moment que je me suis intéressée à la recherche et que j’ai pensé que ce serait ma carrière. Finalement, le résultat en a valu la peine; j’ai obtenu mon diplôme avec distinction et tous ces défis m’ont menée où je suis aujourd’hui.

 

La recherche peut être très accaparante. Comment occupez-vous vos temps libres?

L’une des principales raisons qui m’ont poussée à faire carrière en science est que j’aime vraiment apprendre de nouvelles choses. Je cherche toujours à me cultiver, que ce soit par la lecture ou l’écoute de Jeopardy tous les jours! Pour me détendre, j’adore cuisiner, surtout de petits gâteaux rigolos et différents, et faire des travaux au crochet pour ma famille et mes amis.

Je m’investis aussi bénévolement dans des programmes de sensibilisation à la science destinés à de jeunes étudiants. J’aime susciter leur intérêt pour la science en leur démontrant qu’elle peut être captivante et amusante. Depuis plusieurs années, je contribue à Parlons sciences et à Mission Cerveau. J’ai eu la chance de me rendre à Yellowknife et Hay River, T.N.-O., avec trois autres bénévoles de La Science voyage. Nous y avons animé des activités éducatives et stimulantes en science, nous avons rencontré la distribution de la série Ice Pilots et nous avons assisté à une interview en direct entre les étudiants et Chris Hadfield qui se trouvait à bord de la station spatiale internationale. Voir les étudiants si motivés et inspirés a été une expérience inoubliable!

 

L’Institut neurologique de Montréal est un institut de recherche et d’enseignement de l’Université McGill. L’Hôpital neurologique de Montréal, qui offre des soins de haut calibre aux patients, est la pierre angulaire de la Mission en neurosciences du Centre universitaire de santé McGill. L’Institut neurologique de Montréal est fier d’être une institution Killam, soutenue par les fiducies Killam.